sexta-feira, 1 de maio de 2009

1er mai : des défilés conduits par des salariés licenciés - Le Figaro, fr - link (aqui)


Lefigaro.fr (avec AFP)
01/05/2009 | Mise à jour : 13:32

Les manifestations de la Fête du travail ont commencé dans les rues de plusieurs villes de province. Les syndicats appellent d'ores et déjà à «durcir» le mouvement après le 1er mai.

Les premiers défilés de la fête du Travail, organisés vendredi dans une unité syndicale historique face à la crise, ont rassemblé incomparablement plus de manifestants que ceux des 1ers mai précédents, mais semblent être restés en deçà de la dernière mobilisation nationale du 19 mars. Plus de 280 défilés unitaires sont prévus dans tout le pays.

Ils sont dirigés contre la politique du gouvernement accusé de ne pas suffisamment relancer la consommation et de maintenir certaines réformes contestées (hôpital, éducation..). Est aussi visé le patronat, soupçonné de profiter de la crise pour multiplier les plans sociaux tout en continuant d'empocher des dividendes.

Les syndicats ont appelé salariés, retraités, chômeurs, jeunes, familles, à défiler «massivement» pour faire de ce 1er mai une démonstration de force, dans le prolongement des manifestations des 29 janvier (entre 1 et 2,5 millions de manifestants) et 19 mars (entre 1,2 et 3 millions).

Pour la première fois de leur histoire, les principales organisations de salariés regroupés dans un «G8 syndical» (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires -dont Sud- et Unsa) défilent ensemble.

«Du travail, pas la mort»

Un peu partout, les salariés directement touchés par les réductions d'effectifs occupent les premiers rangs des cortèges. A Toulouse, par exemple,les salariés des équipementiers automobile américains Molex et Freescale, qui vont perdre 1.400 emplois, étaient dans la rue, avec 30.000 manifestants selon les organisateurs, 15.000 selon la police.

A Compiègne (Oise), 5.000 personnes, selon la police, ont défilé avec les ouvriers de Continental, quasiment tous présents, dans une ambiance plutôt festive. A Grenoble, les salariés du privé ouvraient un cortège de plusieurs milliers de personnes. Au micro défilaient des salariés de Caterpillar et, regroupés derrière un cercueil, de l'équipementier automobile allemand Schaeffler, dont une usine va être fermée dans la région. «Du travail, pas la mort», pouvait-on lire sur la banderole des Schaeffler.

A Marseille, 35.000 manifestants selon les organisateurs, 8.500, selon la police , manifestaient derrière des salariés de la dernière entreprise de réparation navale placée en liquidation judiciaire, l'UNM. Dans la cité phocéenne, FO organise un défilé à part.

La manifestation unitaire du 1er mai à Strasbourg a rassemblé 4.000 personnes selon la police, 6.500 selon la CGT. Outre les partis de gauche et les syndicats, le cortège se composait d'enseignants, d'étudiants, de militants pacifistes anti-Otan et de salariés d'entreprises en difficulté comme General Motors, Steelcase, ou encore Saplast.

10.500 manifestants selon la préfecture, au moins 15.000 selon plusieurs organisateurs, ont pris part à Lyon à un défilé résolument unitaire avec, au premier rang, un représentant et un drapeau de chacun des principaux syndicats de salariés.

A Lille, le défilé derrière une banderole «Ensemble ne soyons pas les victimes de la crise», a rassemblé quelque 2.800 personnes selon la police, 5.000 selon la CGT, bien loin des 15.000 et 60.000 du 19 mars, mais bien plus nombreux que le 1er mai 2008 (entre 1.00O et 1.500).

Dans l'ouest, à Rennes, la police a recensé 5.000 manifestants et les organisateurs 10.000, contre respectivement 14.000 et 38.000 le 19 mars, et 2.000 à 4.000 l'an dernier.

A Bordeaux, la police a annoncé 13.500 manifestants et les organisateurs 50.000. Le 1er mai 2008, ces chiffres allaient respectivement de 2.000 à 4.000, et le 19 mars dernier, de 36.000 à 100.000.

A Paris, le départ du cortège est prévu à 14 heures. Ce sera l'occasion d'immortaliser des images de l'unité syndicale. Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT), Jean-Claude Mailly (FO) et les numéros un des cinq autres organisations défileront côte à côte. Les partis de gauche (PS, NPA, Europe-Ecologie, PCF et autres) seront aussi mobilisés.

«Monter d'un cran après le 1er mai»

Le ministre du Travail Brice Hortefeux a quant à lui minimisé la portée historique des manifestations unitaires, estimant jeudi qu'elles avaient un air de «déjà vu» en 2002 et 2003. Néanmoins, les Français soutiennent largement les défilés, à plus de 70% selon deux sondages parus ces derniers jours.

La secrétaire confédérale CGT Maryse Dumas a prédit vendredi «énormément plus de monde» «que pour les 1er mai précédents» et défendu l'utilité des manifestations organisées depuis janvier qui «donnent confiance aux salariés» et placent «gouvernement et patronat sur la défensive».

Avant même le terme de cette journée, les suites à donner à la mobilisation sociale occupent les esprits. Pour Jean-Claude Mailly, (FO) partisan d'un appel à 24 heures de grève, «il faut monter d'un cran» pour faire bouger le gouvernement. Même mot d'ordre du côté d'Annick Coupé, porte-parole de Solidaires (qui comprend notamment les syndicats Sud), qui a déclaré de même qu'il faudrait «durcir les choses» après le 1er mai.

Opposé à cette idée, François Chérèque fait cependant «le pari que (les syndicats) resteront unis dans les mois qui viennent», car ils ont le «devoir» d'honorer la confiance» que leur manifestent les salariés.

Pour le socialiste Benoît Hamon, si le gouvernement «reste sourd à une nouvelle mobilisation historique, on sera assez proche d'une situation de crise assez forte, on ne peut pas maintenir comme ça à l'écart des millions de Français».

La journée du 1er mai est l'occasion «de se battre pour que tout le monde ait du travail», a déclaré de son côté à Niort l'ex-candidate PS à la présidentielle Ségolène Royal, venue participer à la manifestation intersyndicale avec les salariés de l'entreprise Heuliez, groupe automobile des Deux-Sèvres en difficulté.

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