sexta-feira, 1 de maio de 2009

Silvio et ses drôles de dames - Andiamo blog - Libération, fr - link (aqui)


30 avril 2009

Impossible d’échapper à la polémique de la semaine. Le drame de l’Aquila, les conditions de plus en plus précaires de logement des sans-abri et la grippe porcine ont presque été relégués au second plan par les indiscrétions qui ont filtré sur les noms des futurs candidats et surtout des candidates que le PDL, parti de Silvio Berlusconi, devrait présenter aux prochaines élections européennes.

Ce dernier entendant rénover l'image du parti avec la présentation de femmes et de "nouveaux" visages, l'on pouvait penser que ce très louable projet aurait enfin permis de combler le retard italien en matière de rajeunissement (voir post précédent) et de féminisation de la classe politique. Pas du tout. Info ou intox, les noms qui ont été révélés par la presse en début de semaine ont créé la surprise, mais pas celle à laquelle on pouvait s'attendre.

La pré-sélection des "euro-candidates" semble s'être effectuée en partant du constat suivant: les belles signorine légèrement vêtues qui font les potiches à la télé font monter l'audimat. La présence d'accortes jeunes femmes sur les listes du PDL devrait donc avoir le même effet sur le nombre de voix et du coup, de "possibles" candidates ont été apparemment retenues plus pour leurs mensurations (plutôt avantageuses) que pour leur expérience en politique (aucune). En voici quelques unes.

Mais pas d’inquiétude, les journaux (dont Rainews24) ont rapporté que les "candidates à la candidature" avaient suivi une formation accélérée de droit communautaire et de culture générale (via dell'Umiltà à Rome, rue de l'humilité la bien nommée!), histoire de savoir ce qu’est l’OTAN, la BCE et où se trouve Strasbourg (d'autres candidats devraient-ils également penser à s'inscrire !?...). Les cours ont été dispensés par le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, par le candidat à la présidence du Parlement européen, Mario Mauro, et par le Monsieur Propre de la Fonction Publique, Renato Brunetta (célèbre pour son combat contre l’inefficacité des services publics italiens et pour avoir affirmé que les femmes fonctionnaires passeraient leur temps à faire du shopping pendant leurs heures de travail).



A l'issue de cette formation, le choix des heureuses élues aura sans aucun doute été cornélien, le "jury" d'examen ne sachant certainement pas où donner… des yeux. Beaucoup de ces signorine ont en effet pour point commun de ne pas hésiter à exhiber leur plastique (dans tous les sens du terme) en toute occasion, d’avoir participé aux concours de "Miss quelque chose" ou/et d'avoir fait des apparitions sur le petit écran et dans des émissions de télé-réalité. Et, nec plus ultra, d’avoir bénéficié de raccomandazioni (recommandations) "en haut lieu" pour un rôle dans une fiction télé.

Elles peuvent, de plus, parfois vanter une certaine proximité avec le président du conseil, qui adore s’entourer de (jeunes) femmes plutôt avenantes et n’est jamais en manque de bons mots sur le beau sexe...Son épouse, Veronica Lario, commence à en avoir marre, n'apparaît plus jamais à ses côtés dans les rencontres officielles et s'est plainte publiquement (dans les journaux) de son attitude et de son goût immodéré pour les jeunettes et les veline. Regardez.

On les appelle en effet veline, mais aussi letteronze, showgirls, troniste, soubrette, vallette et j'en passe (noms intraduisibles, en bref, des "starlettes" qui font partie du décor). Elles sont une composante à part entière du paysage audiovisuel italien (voir post précédent), font des extras très dénudés dans toutes sortes de publicités et sont les stars incontestées des calendriers de camionneurs et des sites internet de journaux réputés "sérieux". Tout bon quotidien ou hebdo qui se respecte ici (Corriere della Sera, Repubblica, La stampa, Panorama…) réserve en effet sur son site web un espace plus que raisonnable aux calendriers "hot", aux photos trash de Britney Spears sans culotte, aux défilés de lingerie affriolante ou aux gagnantes des concours de la miss-bikini-le-plus-à-poil-possible. Normal et banal. Les belle ragazze de la télé et des pubs transalpines sont apparemment partie prenante de "l’exception culturelle" italienne.

Et apparemment personne n’y voit rien à redire ni ne s'en émeut spécialement. Jusqu'à très récemment, je n’ai pas lu beaucoup d’articles de "fond" sur les journaux (juges et parties...) ni de réflexions sérieuses sur ce phénomène, seulement pas mal de commentaires sarcastiques ou grassement rigolards. Alors que ces veline sont devenues un véritable modèle (inquiétant) de réussite sociale pour de nombreuses jeunes filles. À Naples, à Frattamaggiore, il y a quelques années, un cours dispensant une formation pour devenir velina avait été lancé avec succès et était financé avec des fonds européens: trois heures quotidiennes de cours théoriques et pratiques pour travailler (entre autres gracieusetés) le port du décolleté et de la minijupe…

Une femme (évidemment), politologue, Sofia Ventura, a lancé un pavé dans la mare en publiant lundi 27 avril, un article offensif dans le journal de Farefuturo, une fondation parrainée par GianFranco Fini (fringant et remuant allié de Berlusconi et président de la Chambre des députés), dans lequel elle s'indigne de l’utilisation mercantile de ces femmes dans le seul but de gagner des voix, au détriment d’une véritable action politique en faveur des candidatures féminines (les quote rosa, pourcentage obligatoire de candidates, ont totalement disparu de l'agenda politique).

Elle dénonce avec force les effets pervers de la "velinisation" de la politique, qui ne manquera pas de renforcer certains stéréotypes bien ancrés dans les mentalités (et pas qu'en Italie....) comme la présumée "incompétence" féminine en politique ou les bienfaits de la promotion canapé, dont la ministre chargée de la condition féminine, Mara Carfagna, ex-show girl, fait déjà régulièrement les frais. GianFranco Fini a jugé ces propos "compréhensibles" mais "excessifs", reflétant certainement l'opinion générale, vu qu'aucun homme politique n'est monté au créneau pour appuyer les dires de Sofia Ventura…





Une parlementaire italienne, Alessandra Mussolini (petite-fille de qui vous savez et aussi nièce de Sofia Loren), qui n’a pas sa langue dans sa poche, notamment lorsqu’il s’agit de défendre la cause des femmes, a proposé elle, de penser un peu plus aux électrices (plus de 50% du corps électoral) et de promouvoir activement la candidature de velini, jeunes hommes beaux et sexy….Ça n'élèvera certainement pas le débat mais on les attend de pied ferme...

Le 29 avril, Berlusconi, visiblement piqué par les propos tenus par son épouse et sa saillie contre la candidature des veline (les fans de Silvio se sont ensuite déchaînés contre elle sur le site internet du PDL) a affirmé que la signora avait été victime des habituelles "manœuvres" organisées par la "presse de gauche". Il en a profité pour annoncer les trois "nouveaux visages" retenus. Exit le gros des troupes velinesques mais Barbara Matera (ci-dessus) est sur le podium. On est ravis.

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